Aménagements raisonnables




TDA/H : Les aménagements raisonnables tout au long de la scolarité

En Fédération Wallonie-Bruxelles1, tout établissement scolaire doit, conformément à la législation, prévoir des aménagements raisonnables pour les élèves présentant des « besoins spécifiques ».
Cette obligation légale2 est valable pour les différents niveaux, types et réseaux d’enseignement : enseignement maternel, primaire, secondaire, supérieur, haute école, université, promotion sociale, ordinaire ou spécialisé, quel que soit le réseau3.

Ces aménagements peuvent être mis en place à la demande des parents si l’élève est mineur, de l’élève s’il est majeur, du Centre PMS4, des membres du conseil de classe ou de la direction.

Leur objectif est de permettre aux jeunes à besoins spécifiques d’accéder aux apprentissages au même titre que les autres.

Ces aménagements peuvent être environnementaux, matériels, organisationnels, pédagogiques et relationnels.


Raisonnable ?

Un aménagement est considéré comme « raisonnable » quand :
- il est réalisable facilement : sans demander trop d’investissement en temps ou en argent tant à l’élève qu’à l’enseignant.
- judicieux : c’est-à-dire qu’il répond aux besoins réels de l’élève.
- il n’a pas d’impact important sur l’organisation de l’école, sur l’environnement et sur les autres élèves.

 

Les différentes étapes du processus

Les besoins spécifiques de l’élève sont attestés par un diagnostic posé par un spécialiste dans le domaine médical, paramédical ou psychomédical, ou par une équipe médicale pluridisciplinaire.
L’attestation doit dater de moins d’un an au moment où la demande est introduite pour la première fois auprès d’un établissement scolaire.

L’élève ou ses parents expriment clairement ces besoins auprès de l’enseignant, du centre PMS (dans l’enseignement obligatoire) et de la direction de l’école.

Une réunion de concertation réunissant les différents acteurs concernés par les aménagements à mettre en place (l’apprenant, ses parents, le chef d’établissement ou son délégué, le conseil de classe ou ses représentants, le centre PMS, le personnel chargé des remédiations, etc.5) est ensuite organisée.
Pendant celle-ci, les participants examinent ensemble les aménagements qui peuvent répondre aux besoins de l’élève.
Les décisions prises sont notées dans un protocole signé par le chef d’établissement et les parents, ou l’élève majeur, afin de permettre à chaque acteur de savoir exactement ce qui est attendu de lui.

Ces aménagements sont mis en place dans les plus brefs délais.

Par la suite, des réunions seront organisées régulièrement entre les différents intervenants afin d’évaluer la pertinence des aménagements mis en place et de procéder, si nécessaire, à des réajustements.

L’élève bénéficie également de ces adaptations lors des évaluations certificatives en vue de l’obtention du CEB, du CE1D, du TESS, etc. 

Quand l’élève changera de cycle, de degré, de niveau ou d’école, le protocole sera transmis pour information à qui de droit par l’établissement scolaire qui l’a établi.


Tranche de vie

Contrairement à ce que pensent certains de mes collègues, les aménagements raisonnables ne sont pas des traitements de faveur. Ils ne favorisent pas certains élèves au détriment des autres. Le TDA/H, par exemple, affecte la capacité d’un étudiant à apprendre, mais également à restituer ses connaissances. Vous imaginez le défi quotidien que vivent les jeunes qui en sont atteints ? Heureusement, la mise en place d’aménagements permet, en partie, de compenser les désavantages liés aux différents symptômes de leur trouble et de leur rendre la vie un peu moins compliquée.

Charles, enseignant


Quels recours en matière d’aménagements raisonnables ?

Un établissement peut refuser la mise en place d’un aménagement, quand il estime que celui-ci ne présente pas un caractère raisonnable. Dans ce cas, le refus doit être motivé.

En cas de litige, les parents, l’élève majeur ou toute personne investie de l’autorité parentale peut se tourner vers une commission de recours.

En cas de décision favorable à l’élève, celle-ci aura un caractère contraignant pour l’établissement.

Pour ce faire, deux étapes sont prévues. En premier lieu, une procédure interne en conciliation avec un médiateur extérieur et, en cas de désaccord à l’issue de la procédure de conciliation, un recours devant la Commission de l’Enseignement obligatoire inclusif.

Comment introduire un recours ?


Procédure interne de conciliation

En cas de litige sur la mise en place d’aménagements raisonnables, les représentants légaux de l’élève mineur, ou l’élève majeur, peuvent adresser une demande de conciliation auprès de la Direction générale de l’Enseignement obligatoire.

Cette procédure commence par un formulaire à compléter en ligne : https://form.jotformeu.com/83323257663358
Ils y joindront, par mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., avec accusé de réception, une copie du certificat attestant du diagnostic.
Ce mail doit avoir comme « Objet » : Demande de médiation dans le cadre des aménagements raisonnables, ainsi que le prénom et le nom de famille de l’élève.
La « pièce jointe » doit s’intituler : Diagnostic, suivi du prénom et du nom de famille de l’élève.

Le service de médiation scolaire entame le processus de médiation entre l’établissement scolaire et les représentants légaux de l’élève mineur, ou l’élève majeur, dans le mois de l’introduction de la demande.

Ce délai commence à courir le premier jour ouvrable qui suit la réception du courriel.

À l’issue du processus de médiation, un rapport écrit, reprenant les éléments sur lesquels les parties ont trouvé un accord ainsi que les engagements de chacun, sera rédigé conjointement par les parties et signé par celles-ci en présence du médiateur. Ce rapport précise, le cas échéant, les points de désaccord.

Si la médiation débouche sur un accord, l’établissement scolaire mettra en place le ou les aménagement(s) raisonnable(s) dans les plus brefs délais.

En cas de désaccord, les représentants légaux de l’élève mineur, ou l’élève majeur, peuvent introduire un recours auprès de la Commission de l’Enseignement obligatoire inclusif.

Le rapport écrit établi conjointement à l’issue du processus de médiation mentionne l’existence d’un tel recours.

Recours devant la Commission de l’Enseignement obligatoire inclusif

Sous peine d’irrecevabilité, le recours se fait par lettre recommandée ou par courrier électronique avec accusé de réception dans les dix jours ouvrables qui suivent la réception de la décision, la date de la poste ou d’envoi du courriel faisant foi.
Adresse postale : Direction générale de l’Enseignement obligatoire  - Commission de l’Enseignement obligatoire inclusif - Rue Adolphe Lavallée, 1 à 1080 Bruxelles
Adresse électronique : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Une copie du rapport écrit, rédigé conjointement par les différentes parties en présence du médiateur et reprenant les points de désaccord, devra être jointe au recours.

La Commission communiquera sa décision motivée, par lettre recommandée, aux représentants légaux de l’élève mineur, ou à l’élève majeur, dans les trente jours calendaires, hors congés scolaires, à partir de la réception du courrier. En ce qui concerne les recours introduits après le 1er juin, la Commission communique sa décision au plus tard le 31 juillet de la même année.

En cas de décision favorable à l’élève, cette décision revêt un caractère contraignant pour l’établissement.


1 Depuis la rentrée scolaire 2018.

3 La mise en œuvre d’aménagements et d’interventions en réponse à des besoins spécifiques doit d’ailleurs, depuis 2018, apparaître clairement dans les projets éducatifs et pédagogiques, dans le plan de pilotage et dans les règlements fixant l’organisation des études et les modalités de passation des épreuves d’évaluation internes et externes de chaque école.

4 Le centre psycho-médico-social propose aux enfants et aux adolescents un suivi sur les plans psychologique, médical et social tout au long de leur scolarité.

5 Un accord de partenariat entre l’école et les acteurs spécialisés du monde médical, paramédical ou psychomédical est possible. Dans ce cas, un spécialiste peut assister aux réunions, moyennant l’accord de la direction. 


En voici quelques exemples.

Aménagements environnementaux

Asseoir l'élève à une place adaptée à son trouble. Cela peut être dans un endroit calme, loin des distractions (au premier rang, près du bureau de l'enseignant, dans la partie de la classe où l'enseignant passe le plus de temps, à côté d’un pair responsable qui lui servira de modèle et l’aidera à s’organiser, au fond de la classe pour avoir une vue d'ensemble, etc.).

Permettre à l'élève, dans la mesure du possible, tant qu'il ne dérange pas les autres élèves, de travailler dans la position qui lui convient le mieux, par exemple, à genoux sur sa chaise, debout, sur un ballon...

Augmenter l'espace entre les bancs.

Organiser l'espace de travail via un système de rangement qui permet au jeune de ne conserver près de lui que le strict minimum et de déposer le reste de son matériel dans un bac distant.

Réduire les stimuli par le bruit en insérant les pieds des pupitres et des chaises dans des balles de tennis.

Utiliser des panneaux séparateurs, comme il en existe dans certains bureaux, afin de fournir à l’élève un endroit calme et approprié lorsque son travail l’exige.

Autoriser les chipotages, à condition qu'ils ne dérangent pas les autres (gomme, scoubidou, colorier un mandala, balle anti-stress, fidgets, etc.). Le jeune atteint de TDA/H se concentre souvent mieux quand il a les mains occupées.

Autoriser certains déplacements afin de permettre à l'étudiant de bouger (effacer le tableau, distribuer les feuilles, arroser les plantes, aller porter un message dans une autre classe, etc.).

Permettre à l'élève de sortir de classe quelques minutes pour se dégourdir les jambes quand il se sent trop agité ou pour s'isoler dans un endroit tranquille afin de reprendre le contrôle de lui-même, et ce, si possible, de manière autonome.

Autoriser l'étudiant à passer ses évaluations dans une pièce calme et silencieuse, à l’écart du groupe (bureau du directeur, infirmerie, bibliothèque, etc.).


La notion d’équité est souvent mal comprise : l’équité ne signifie pas s’assurer que tous les élèves sont évalués dans les mêmes conditions ou subissent le même traitement, mais s’assurer que chaque élève bénéficie des aides et des adaptations que ses besoins spécifiques nécessitent, afin que son évaluation reflète son potentiel et ses connaissances.

Rick Lavoie, expert international en dyslexie


Aménagements matériels

Permettre l'utilisation en classe et à la maison d'un ordinateur, d'une tablette et de logiciels éducatifs (correcteurs orthographiques, aide à la lecture, logiciels de reconnaissance vocale, logiciels de mathématique, dictionnaires électroniques, etc.) tant pour la prise de notes que lors des devoirs, travaux et évaluations.

Autoriser l'élève à utiliser des accessoires tels qu'un enregistreur audio (afin d'enregistrer les cours), une calculatrice, un agenda électronique, un Time Timer (qui permet de visualiser le temps qui passe), etc.

Placer l'étudiant à proximité d'une prise de courant.

Autoriser votre élève à mettre un casque antibruit ou des écouteurs diffusant de la musique qui lui permettront de mieux se concentrer en bloquant les bruits environnants pendant les interrogations écrites.

Permettre de ne pas obligatoirement utiliser un stylo à cartouche d’encre.

Fournir au jeune des copies de vos cours, de vos présentations PowerPoint, etc., afin de lui éviter d’avoir à prendre des notes tout en écoutant.

Donner accès à des cours en format numérique.

Autoriser la présence d'un secrétaire pour la prise de notes, la lecture des énoncés et des consignes, la reformulation des termes, etc.

Autoriser l'utilisation d'un appareil photo ou d'un téléphone portable pour photographier le tableau, les notes ou le journal de classe d'un copain.

Proposer du matériel scolaire de dépannage pour les oublis (livres, calculatrice, compas, dictionnaire, etc.).

Permettre l'apprentissage collectif et l'entraide entre élèves (certains élèves notent pour ceux qui sont incapables d'écouter et prendre des notes en même temps).


Tranche de vie

Appliquer les aménagements raisonnables, c’est passer de l’égalité à l’équité. Sous prétexte d’égalité, il ne me viendrait pas à l’esprit de donner la même nourriture à un enfant de deux ans qu’à un adolescent de dix-sept ans. Eh bien, au niveau de ma classe, c'est pareil.
Je connais et j'accepte de manière bienveillante les limites de mes élèves.
Fanny rencontre des difficultés pour se concentrer. J'utilise donc avec elle plus de relances de l'attention.
Je suis dérangée par le bruit qu'elle fait en bougeant sur sa chaise. De simples balles de tennis aux pieds des chaises lui permettent de bouger sans gêner.
Je n'hésite pas à me remettre en question. En effet, un aménagement qui n'apporte pas l'amélioration espérée peut toujours être retravaillé.

Léa, enseignante en primaire


Aménagements organisationnels

Établir des routines pour les dates de remise des travaux et des devoirs, en donnant toujours les devoirs le lundi et en demandant aux élèves de les remettre systématiquement le jeudi.

Diviser les travaux en tâches simples et distinctes. Par exemple : pour vendredi, achever le plan de travail ; pour le mercredi suivant, apporter les références concernant la première partie, etc.

Utiliser toujours la même section du tableau pour inscrire les devoirs et leçons.

Inscrire toutes les dates de remise des travaux et de devoirs sur un calendrier en classe.

Afficher les devoirs et travaux sur le site web de l’école.

Noter tous les devoirs, travaux et leçons dans un journal de classe « commun », que les élèves peuvent consulter pour vérifier si le leur a bien été complété.

Utiliser des paniers clairement marqués et demander que les devoirs soient toujours remis en début de cours.

Créer un réseau de soutien entre élèves, par exemple en transmettant leurs adresses de courriel et numéros de téléphone, afin de leur permettre de communiquer entre eux si nécessaire.

Fournir la liste de tous les livres à lire en début d'année ou de trimestre.

En fin de journée, vérifier avec l'enfant si son cartable est complet.


Tranche de vie

L'école dans laquelle je travaille est ouverte aux différences et met tout en œuvre pour la réussite de tous les élèves.
Chaque année, j'ai dans mes classes plusieurs élèves atteints de TDA/H. J'adore m'occuper de ces jeunes, car ils mettent constamment ma pratique au défi.
Mon mode d'enseignement est extrêmement structuré. Une copie de chaque cours, ainsi qu'un résumé, est envoyée par courriel à chaque élève. Ainsi, ils ne sont pas obligés de prendre des notes tout en m'écoutant. Vu les bons résultats de cette méthode, j'ai plusieurs collègues qui font maintenant de même.
Je fais énormément participer mes élèves afin de stimuler leur attention.
J'aime ces jeunes, je mets tout en place pour les aider… et ils me le rendent bien.

Isabelle, professeur de sciences en secondaire


Aménagements pédagogiques

Pendant le cours

Proposer un cours extrêmement structuré.

Permettre à l’élève de répondre le plus souvent possible, lorsqu’il en émet le désir (par exemple en levant la main, ou à l’aide d’une ardoise ou d’un tableau blanc).

Solliciter l’attention en émettant un bruit ou en recourant à un signal visuel (comme éteindre et allumer la lumière).

S’assurer que le jeune écoute avant de parler, obtenir si possible un contact visuel.

S'assurer que l'élève reste attentif pendant toute la durée de l'explication en établissant un contact visuel direct fréquent (le regarder dans les yeux) et en utilisant un signal non verbal établi au préalable avec lui afin de récupérer son attention si nécessaire (par exemple, lui toucher l'épaule, lever la main, pointer une image sur le bureau...).

Répéter plusieurs fois les messages importants.

Faire évoquer, répéter les consignes.

Vous rapprocher du jeune lorsque vous donnez des explications.

Vous servir de son cahier pour donner des exemples.

Enseigner à l’élève des méthodes de travail adaptées à son mode de fonctionnement.

Le ramener discrètement à sa tâche quand il est distrait.

Lui faire remarquer quand il a oublié son matériel, sans pour autant le pénaliser.

Enseigner la manière de présenter les travaux.

Encourager l’utilisation de la règle, des feutres fluo, etc. qui permettent de structurer la lecture.

Donner les listes de mots de vocabulaire (en français et en langues étrangères) dactylographiées afin d'éviter d'apprendre des mots mal orthographiés lors de la prise de notes.


Tranche de vie

Certains de mes collègues ont peur de stigmatiser l’élève en lui offrant des aménagements raisonnables.
Ce n'est pas mon cas. Le bon sens, la bienveillance et la créativité permettent de faire des miracles.
Ce que je mets en place pour aider les jeunes en difficulté est également très utile pour chaque autre élève de ma classe.
Par exemple, j'ai disposé dans ma classe des casques individuels et permets aux enfants qui ont des difficultés pour se concentrer à cause des bruits environnants de les utiliser lorsqu’ils en éprouvent le besoin. Ces casques sont à disposition de tous, tout élève peut avoir besoin à un moment donné de s’isoler pour mieux se concentrer.
Éviter la stigmatisation passe aussi par la discrétion, lorsque je fais une relance d’attention, je la fais pour tous, si je constate que cela ne suffit pas à l’élève aux besoins spécifiques, je conviens d’un signe discret avec lui plutôt que de l’appeler en le sommant de faire attention.

Georges, prof de mathématiques


Lors des évaluations et des devoirs

Écrire les consignes au tableau sous forme d’étapes et permettre au jeune, si nécessaire, de vous consulter entre chacune d’elles.

Reformuler les consignes oralement afin d'en vérifier la bonne compréhension.

Fournir un modèle de travail complété qui servira de guide.

Lire les questions avec l’élève pour éviter qu’il ne les lise trop vite et réponde mal, et pour ménager sa dépense d’énergie.

Insister sur la qualité du travail plutôt que la quantité.

Inciter l’élève à utiliser les panneaux récapitulatifs affichés en classe.

Lui donner davantage de temps pour ses examens et ses travaux. Cette majoration est en général d’un tiers du temps prévu initialement pour chaque épreuve.

Réduire le nombre de questions.

Donner un exercice à la fois.

Diviser les interrogations en plusieurs petites interrogations entrecoupées de pauses.

Vérifier à plusieurs reprises la qualité du travail en cours d’exécution, et au besoin, recentrer l’élève sur la tâche demandée.

Signaler à votre élève les oublis dans les exercices ou les évaluations, afin de lui éviter de perdre des points à cause de son trouble, et non par manque de connaissances.

Organiser des évaluations sur ordinateur.

Permettre à l’élève de faire ses devoirs à l’ordinateur plutôt que de les rédiger à la main.

Autoriser les interrogations orales qui, parce qu'elles sont plus rapides, demandent moins d'attention soutenue.

Utiliser des questionnaires à choix multiples.

Utiliser un format de texte aéré et facile à lire.

Permettre à l’élève de formuler des réponses courtes.

Isoler le jeune des bruits et distractions (casque, panneau de séparation…).

Éviter les feuilles recto-verso.

Autoriser l'utilisation de fiches référentielles et de check-lists.

Permettre de clarifier des questions durant les évaluations et les devoirs.

Fournir à l’élève des directives écrites qu’il peut consulter en tout temps.

Autoriser les épreuves anticipées.

Réduire la taille de la liste de mots de vocabulaire à étudier.

Autoriser l'utilisation d'une calculatrice lorsque la compétence évaluée n’est pas purement le calcul.

Alléger les devoirs et les leçons le cas échéant.

Tranche de vie

Pour aider Aurore qui a un TDA/H et une dyslexie, j'emploie une police de caractère différente que j'ai également agrandie. J'aère aussi mon texte. J'écris à la craie jaune plutôt qu'à la craie blanche au tableau. Elle me dit que cela l'aide beaucoup.

Carine, prof de français


Lors des corrections

Adopter un système de notation positif pour les tâches et exercices réussis.

Apporter une plus grande importance à la qualité qu’à la quantité de travail effectué, tant dans les travaux à l’école que lors des devoirs à la maison.

Préférer noter le fond plutôt que la forme. Mettre l’accent sur la qualité des idées ou la persévérance dans les travaux écrits plutôt que sur la calligraphie et le soin.

Éviter de sanctionner les fautes d’orthographe dans un contrôle d’histoire, de géographie, d'anglais, de maths, etc.

Éviter de pénaliser les fautes d’inattention, par exemple quand l’élève oublie de faire les exercices sur le verso de la feuille.

Tenir compte de la fatigabilité et de la lenteur. Noter, dans la mesure du possible, uniquement sur les exercices réalisés (sur un contrôle de 10 questions, si l’élève n’a répondu qu’aux cinq premières en raison de ses difficultés, n’évaluer que celles-là).

Alléger les exigences en attention soutenue (dictées cotées sur la moitié, étude/devoirs allégés).


On ne peut exiger d'un enfant atteint de TDA/H qu'il travaille avec concentration pendant plusieurs heures de suite, tout comme on ne peut exiger d'un enfant aveugle qu'il voie ou d'un enfant sourd qu'il entende. Accepter le diagnostic de TDA/H, c'est éliminer du même coup toute velléité de qualifier cet enfant de paresseux, d'irresponsable ou d'immature.

Docteur André Merminod


Aménagements relationnels

L’élève atteint de TDA/H est, la plupart du temps, critiqué depuis sa plus tendre enfance par les personnes qui le côtoient : « Concentre-toi », « Fais attention », « Écoute ce qu’on te dit ! », « Calme-toi », « Fais moins de bruit », « Cesse de gigoter »… 


Ce renvoi perpétuel à une image négative provoque une démotivation de plus en plus grande.
L’engagement positif tout au contraire le pousse à se donner la peine et à rester impliqué dans des tâches faisant appel à des aptitudes qui ne sont pas évidentes pour lui.


Traitez les êtres comme s'ils étaient ce qu'ils devraient être et vous les aiderez à devenir ce qu'ils peuvent être.

Goethe


Encourager, féliciter, valoriser dès que possible. Traquer les bonnes attitudes, encourager les plus infimes progrès, les réussites même minimes.

Surprendre l'élève à bien se comporter (il attend son tour, il contrôle une réaction...) et multiplier les encouragements immédiats.

Utiliser un langage précis pour décrire les comportements positifs de l'élève.

Faire des commentaires positifs écrits ou verbaux.

Utiliser un système de renforcement immédiat, fréquent et varié.

S'assurer de maintenir un rapport de quatre pour un. Faire au moins quatre commentaires positifs pour chaque commentaire négatif. 


Utiliser un système de récompenses et d'encouragements tant pour le travail que pour le comportement.

Utiliser les modalités de félicitations et de récompenses auxquelles le jeune est le plus sensible (par exemple, lui permettre de faire des activités valorisantes).

Augmenter les situations positives en limitant judicieusement le nombre d'objectifs à atteindre. Augmenter progressivement les défis proposés.

Identifier et exploiter les situations qui le valorisent face aux autres.


En règle générale, il est recommandé de faire quatre remarques positives pour compenser une remarque négative.


Donner des tâches qui peuvent être achevées avec succès.

Offrir un temps individuel hebdomadaire.

Être consistant tant avec les attentes académiques qu'avec les conséquences et les récompenses.


Tranche de vie

J'essaie dès que possible de promouvoir le leadership et le sens des responsabilités de mes élèves.
Pour cela, je les encourage, je leur donne des responsabilités tout en étant attentive à les impliquer dans des tâches qu'ils sauront effectuer. J'explique clairement au jeune ce que j'attends de lui. Je rappelle les règles avant d'entamer un exercice ou avant une activité exceptionnelle. Je renforce le plus souvent possible le comportement attendu. C'est bien plus efficace que de punir le comportement inadéquat.
J'élis l'élève de la semaine, du mois. L'élève peut être élu grâce à ses bons résultats, ses efforts, sa gentillesse...

Fiona, enseignante en primaire






L'enfant atteint de TDA/H possède de grandes forces. Avec l'aide de renforcements positifs, il montre une grande motivation à s'améliorer et à donner le meilleur de lui-même.

Pascale De Coster


1. Depuis la rentrée scolaire 2018.

2. Décret du 7 décembre 2017 : https://www.gallilex.cfwb.be/document/pdf/44807_000.pdf

3. La mise en œuvre d’aménagements et d’interventions en réponse à des besoins spécifiques doit d’ailleurs, depuis 2018, apparaître clairement dans les projets éducatifs et pédagogiques, dans le plan de pilotage et dans les règlements fixant l’organisation des études et les modalités de passation des épreuves d’évaluation internes et externes de chaque école.

4. Le centre psycho-médico-social propose aux enfants et aux adolescents un suivi sur les plans psychologique, médical et social tout au long de leur scolarité.
5. Un accord de partenariat entre l’école et les acteurs spécialisés du monde médical, paramédical ou psychomédical est possible. Dans ce cas, un spécialiste peut assister aux réunions, moyennant l’accord de la direction. 

 

 

 

Vous rencontrez des difficultés avec l'école de votre enfant ?

Il fait face à de la discrimination ?

La mise en place des aménagements raisonnables est problématique ?

Contactez les médiateurs scolaires ! Ils sont là pour vous aider : 
http://www.enseignement.be/index.php?page=4264




 

 

 

 

Source : Brochure "TDA/H et scolarité" édition 2020


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