Témoignages d’adultes




Ben

Le matin lorsque je me lève je suis paniqué à l'idée d'accomplir les choses que la princesse qui partage ma vie dresse sur une liste. Je bois mon café, je mange un peu, puis je prends mes 2 comprimés et... Je "rebois" un café. Quelques temps plus tard, tout se précise je vois ou et quand je dois faire les choses. Je commence par les plus ingrates en me disant que si je suis trop crevé je laisserai les plus futiles de côté. 
Mais depuis la médication, non seulement je fait tout mais en plus j'ai du temps pour faire d'autres tâches. 
Bien sûr je compte me faire accompagner pour pouvoir apprendre à être plus autonome. 
Je serai donc plus content de moi et donc je l'espère plus heureux. 


Jex

L'histoire dont je vais vous parler, vous la connaissez, sans le savoir vous savez, sans le savoir vous sentez mais qu'est-ce donc...
Le TDA/H nous transforme tous, pourquoi est-ce que l'extérieur semble si décevant, pourquoi ces personnes sont si inintéressantes, pourquoi la solitude semble le meilleur moyen de se comprendre ?
Le TDA/H accélère l'organisme, plus d'énergie, plus de temps pour vivre, plus grande rapidité de réflexion, plus de choses à découvrir, aller de plus en plus loin, ne jamais s'arrêter, vivre de combats et de défis sur la réalité, cette réalité tellement décevante qu'elle en devient terne, qu'elle en devient lourde. 
Mais le prix de tout ça, une mauvaise estime, des excès de franchise, de l'inattention, combattre les dangers, un manque de confiance, une mauvaise mémoire, un malaise permanent, personne ne comprend ce que je suis mais je ne veux pas qu'elles comprennent, je ne veux pas qu'elles sachent, ce mystère, je l'ai en moi et je le garde tel qu'il est, c'est un secret, c'est une force exceptionnelle qui peut être apprivoisée si on comprend son déroulement, si on évite ses pièges qui nous tentent, supra énergie ne veut pas dire invulnérable, juste différent, juste étonnant.


Vivre avec mon déficit d'attention

Cette semaine j'étais un peu fatiguée, je me suis couchée tard tous les soirs. Le résultat est le suivant.
Un compte rendu de conseil d'école que je devais taper lundi et fournir au directeur de l'école (j'ai oublié, la présidente des parents d'élèves m'a appelée jeudi soir pour me le rappeler alors on l'a fait à la va vite.
Un coup de fil important à un éventuel client pour ma nouvelle activité que je devais passer mardi, j'ai oublié, j'y ai repensé hier soir vers 23h je vais le faire aujourd'hui.
Le chapeau de soleil que la nounou de ma fille me réclame depuis 15 jours environ : oublié! (c'est noté pour que j'essaie d'y penser lundi, elle m'a fait une liste) sinon elle sait que ça peut durer longtemps.
Mardi soir, mon fils : j'ai oublié d'aller le chercher à l'escrime (coup de fil du club pour me le signaler... la honte !)
Etc...

Alicia



Marion

J'ai toujours su que j'étais différente, mais cela ne fait que quelques mois que j'ai mis un nom sur cette différence : « TDA/H ».
Je suis d'apparence plutôt calme, c'est plus mon esprit qu'il faut occuper que mon corps. Lorsque je fais quelque chose, je dois toujours le faire le plus vite possible. Ce qui me caractérise c'est : vouloir finir avant de commencer. J'ai souvent l'impression que ma machine s'emballe, que je suis prise dans un train d'enfer, qui me donne le vertige. J'ai beaucoup de mal à supporter les autres que je ne trouve pas assez rapide, souvent je fais les choses à leur place et cela m'épuise. Pour avoir un peu de paix et retrouver un rythme normal, je m'isole, je passe alors pour une sauvage auprès des autres.
Je suis organisée car je sais que j'ai besoin d'être très structurée pour survivre. Donc, je range, je cadre, j'organise avec parfois des petits côtés maniaques qui sont "mes " garde-fous.....
En conclusion, le TDA/H n'est pas une malédiction, ça peut même devenir un avantage, le connaître et le faire connaître, apprendre à vivre avec  et  faire de ses différences un atout.


Annie

J'ai 18 ans, je m'appelle Annie, et j'ai terminé mes humanités secondaires. J’ai un TDA/H.
J'ai fait mes 6 années de secondaire dans une école réputée pour être exigeante et très dure.
Vous vous demanderez peut-être pourquoi je vo us envoie ce mail. Je le fais pour donner un témoignage comme quoi un enfant atteint de TDA/H est capable de réussir malgré ses troubles de l'attention.
Comment est-ce que j'ai réussi ?
Grâce à mes parents, aux neuropsychiatres qui me suivaient, et aussi au traitement. Mes parents ont été super parce qu'ils ont cru en moi, ils savaient que j'étais capable de réussir dans une des écoles les plus dures de Belgique...
Les neuropsychiatres étaient un véritable soutien et grâce à eux, je ne me suis jamais ressentie handicapée ou stigmatisée.
J'ai beaucoup de chance de supporter la médication.  Mais bien sûr travailler régulièrement et consciencieusement est la clé de la réussite.
Mes profs n'ont jamais eu de problèmes avec moi, j'étais et je le dis sans orgueil, le plus souvent une "élève modèle".

Ce que je voudrais dire aux parents c'est qu'ils ne doivent jamais perdre courage et qu'ils doivent soutenir leur enfant et croire en lui. Leur enfant est capable de réussir et il évolue. (J'ai beaucoup évolué, et bien évolué. ) En grandissant, il va prendre de la maturité, être de plus en plus conscient de ce "trouble" et il va savoir où il est faible.

Vous les parents, vous devez aussi permettre à votre enfant de faire développer en lui son côté artistique. Je me souviens j'étais très, très, très timide. Et je faisais de la musique mais il me fallait une deuxième période, alors ma maman m'a dit : " fais de la déclamation !". Et cette sorte de "théâtre en monologue" m 'a complètement changée, ma faiblesse était devenue une force. J'ai transformé mon côté hyper introverti en hyper extraverti.
Dans certaines écoles, les enfants atteints de TDA/H ont la chance de bénéficier de temps supplémentaires pour les examens ou interros. Dans mon école il n'y avait pas cela mais c'était l'occasion d'engager un dialogue constructif et positif à ce sujet avec le responsable de l'établissement.
Ce message est pour vous donner un souffle d'espoir vis-à-vis de ce problème.
Je commence mes études en droit en septembre.

Annie

TDA

Je suis atteinte du TDA sans H diagnostiqué il y a peu...
L'autre jour, j'étais au calme chez moi, et pourtant, l'hyperactivité mentale tourbillonnait en moi et j'ai pensé que l'appellation qui me correspond pourrait porter un autre nom. Elle est invisible, interne mais le terme "sans" n'est peut-être pas adéquat.
S'il est connu des professionnels, pour monsieur et madame tout le monde, c'est le mouvement qui le traduit.
Je crois que cela pourrait aider certains à prendre conscience qu'il existe mentalement aussi.

Flore

Tellement de choses à dire...

Cela fait quelques mois que j'ai pris connaissance de ce qu'est un TDA/H.
J'ai 34 ans et maintenant une petite fille de bientôt 11 mois.

En consultant le site je me rends compte que le problème sur lequel personne n'a jamais pensé et moi encore moins est celui du TDA/H.

Je me souviens déjà à l'école maternelle, je rêvais, je n'étais pas trop attentive à ce qu'il se passait en classe.

Ensuite à l'école primaire idem. Et dans les bulletins les commentaires répétitifs "Julie est distraite, Julie n'écoute pas..." Je n'arrivais déjà pas à me concentrer.
Mes parents et les professeurs n'y ont jamais vraiment prêté attention. Pour mes parents c'était "normal" étant donné que mon père est quelqu'un de distrait.

J'ai toujours eu un problème avec l'ordre. Ma mère ne m'aidait pas car c'est elle qui rangeait le plus souvent à ma place.

En secondaire... L'adolescence et ses stimulus n'ont rien arrangé.
J'ai d'ailleurs raté ma 4ème secondaire. Toujours concentrée sur tout sauf sur mes études.

Je n'ai jamais eu une passion mais je suis intéressée par beaucoup de choses très différentes.

Je n'arrive pas à organiser mes journées, et depuis que j'ai mon bébé c'est encore pire et tout s'accumule même si je me force à remettre tout en "ordre" le weekend.

Lorsque le weekend arrive, je commence à ranger, nettoyer puis je passe à autre chose. J'ai beaucoup de coup de tête.
Je vais commencer à mettre du linge dans la manne, puis je vais penser à regarder dans le frigo ce que je vais pouvoir cuisiner et ensuite je vais décider de jouer avec ma fille. Bref, je commence quelque chose et je laisse la chose précédente de côté.

Encore ce matin, prêtes à partir à la crèche et au travail, je mets ma fille dans le Maxi Cosi, je vais rechercher mon gsm oublié dans ma chambre, ensuite je mets mes chaussures, mon manteau. Je crois que tout est en ordre, je sors je ferme la porte. J'arrive à la voiture, je me rends compte que je n'ai pas mes clés.

Je perds beaucoup de temps à chercher des choses...

Je peux faire beaucoup de choses en même temps et penser à beaucoup de choses différentes.

Bref.... Tellement de choses à dire !

Julie

Et si mon conjoint était atteint de TDA/H ?

Je suis en recherche d'aide pour gérer certaines difficultés que nous rencontrons dans notre couple.
Certains comportements de mon compagnon me font en effet très fort penser au TDA. Je suis infirmière en milieu scolaire et donc régulièrement confrontée à ce trouble chez les enfants.
Mais dans mon couple, c'est du coup bien plus difficile à gérer.
J'aime et j'admire sincèrement mon homme et souhaite de tout cœur, comme lui je pense, préserver notre couple qui nous semble solide mais parfois malmené.

Dans les grandes lignes, je dresse ici son parcours assez atypique et les raisons qui me poussent à envisager le trouble sans qu'il ait pour autant jamais été diagnostiqué. Mon compagnon a la quarantaine et sans doute à l'époque ces enfants étaient-ils classés comme distraits ou rêveurs et ces ados comme rebelles et casse coups.

Sa scolarité a d'emblée été pénible avec plusieurs redoublements, des renvois d'écoles et des passages en internat pour tenter de le canaliser. Je ne doute pas de ses aptitudes intellectuelles. Au contraire, quand il est intéressé par un sujet, je suis souvent surprise par sa subtilité et une grande vivacité d'esprit.

A l'adolescence, il a souvent eu des comportements à risque et multiplié les accidents graves en voiture. Par ailleurs, pourtant pas du tout issu de ce milieu, il a un temps suivi des copains qui n'étaient pas toujours pourvu des idées les plus judicieuses et aurait pu s'égarer sur une mauvaise pente... il en est bien sorti. De ses renvois d'école, il en dit juste qu'il avait "un problème avec l'autorité". Je ne l'imagine pas avoir jamais été un "mauvais garçon"... mais plutôt un gentil gars mal dans sa peau, sans aucune confiance en lui... qui ruait dans les brancards faute de trouver une autre solution pour s'affirmer.

A l'âge adulte, il a connu plusieurs relations sentimentales passionnées mais très tourmentées. Il y a quelques années suite à une déception, il est parti pour 2 semaines à l'autre bout du monde le sac au dos... Il y est resté 3 ans et s'est exceptionnellement bien débrouillé pour y gagner sa vie en travaillant sur des voiliers sur toutes les mers et les océans. Il y a noué des amitiés sincères et j'ai pu me rendre compte par moi-même à quel point il est apprécié et reconnu là-bas... et admiré par beaucoup ici pour son côté aventurier et pour sa personnalité en général.

Actuellement, nous vivons ensemble depuis 3 ans. Il est fort désordonné, oublie et perd beaucoup de choses, a beaucoup de mal à s'organiser, à voir les tâches à effectuer pour la maison), il déborde de projets, il est perpétuellement stressé par l'heure et la peur d'être en retard qui l'amène à être très à l'avance partout... mais ça, je m'adapte et je peux gérer et suppléer sans trop de problème, même si c'est parfois difficile de le suivre. Je reconnais qu'il n'est jamais réfractaire pour rendre service et je pallie au désordre et m'occupe de ses papiers (qu'il avait dans un désordre impressionnant, avec les conséquences financières qui s'en sont suivies). Ce qui m'est vraiment très pénible à vivre au quotidien et nuit à la relation est la grande difficulté à être en relation avec lui quelques minutes et son impulsivité. Je m'épuise à lui parler sans qu'il entende, surtout pour les sujets banaux de la vie de tous les jours. Il n'entend parfois pas du tout et reste plongé dans ses pensées ou son activité ou il écoute quelques secondes et passe subitement à autre chose. Je me sens alors terriblement déroutée et seule, hors de sa bulle imperméable. Je ne comprends pas et c'est angoissant pour moi. Le problème est que lorsque je lui en parle, il nie ce problème et que je n'ose plus lui en parler car il est très susceptible et impulsif. Il peut alors d'un coup perdre toute mesure, se sentir désaimé, voire rejeté, se mettre dans des états émotifs incroyables de la plus grande tristesse à la plus grande colère, me soupçonner du pire, détourner mes paroles en dehors de leur contexte et les interpréter contre lui, retourner la critique contre moi... Je pense qu'il souffre beaucoup dans ces moments et qu'il ne parvient plus à sortir de ces ruminations incontrôlables. Face à ce débordement d'émotions qui le submergent, je tente de ne pas me laisser culpabiliser et de rester très calme et rationnelle et je nous protège en coupant physiquement la relation le temps que la tempête passe (ce qu'il me laisse difficilement faire). J'ai en effet appris qu'elle fini toujours par passer et quand il est en confiance, c'est le meilleur des hommes! Il est excessivement généreux, aimant, attentionné, imaginatif, comique, léger, positif, enthousiaste, fort compréhensif et adéquat avec mes ados, tendre avec moi, un père adorable pour sa fille...

Je redoute que ces moments de non-communication, de crises et d'incompréhension ne finissent pas laisser de vilaines traces en abîmant notre belle relation. D'autre part, je n'ai pas envie de devenir la rasante, la mère modèle et emmerdeuse qui tente de le canaliser. Je sais qu'il est adulte, je suis la plupart du temps très fière de lui et je veux rester sa femme et son amante avant tout. Je pense qu'il m'a, entre autre, choisie pour mon calme et ma structure. Je ne veux pas le changer ni me perdre moi-même dans ce tourbillon qui me dépasse parfois . Je crois qu'il y a moyen de trouver des stratégies et des moyens de nous comprendre en restant nous-mêmes et sans nous blesser.

Dans l'état actuel du cheminement de mon compagnon et de sa réticence aux "étiquettes", je pense me tourner vers un spécialiste pour des informations, un avis et des conseils... et je garde l'espoir, quand il y sera prêt, de pouvoir l'y emmener.

Lorie

Il n'est jamais trop tard pour un diagnostic !

Il y a un peu plus d’un an, un article paru dans la presse m’a permis de découvrir le TDA/H et votre association.
Vous m’avez envoyé une liste de praticiens spécialisés dans la détection et le suivi du TDAH. Le médecin que j’ai consulté a été formidable.
Une fois le diagnostic posé, il m'a aidé à gérer mon TDA/H, mais aussi le HP que j'ai découvert à la même occasion.
Peu à peu, à l'approche de la quarantaine, j’apprends à être moi-même, à suivre mon instinct et à m’émerveiller de tout ce la vie peut m’offrir : travail, sport, relations avec ma famille et mes amis, travaux d’écriture… on peut parler de renaissance.
C’est important pour moi de vous remercier pour tout le travail que vous effectuez. C’est une grande aide.


Il suffit de peu de chose !

Lorsque je me suis lancé la première fois dans la profession d’infirmier, je n’en menais pas large. Je possédais suffisamment les techniques de base et j’avais un excellent contact avec les patients, il me manquait cependant une chose : la rentabilité.
Travailler bien, je connaissais… Travailler vite, c’est une notion que j’aurais aimé ne jamais aborder.
Mais voilà, si je voulais garder ma place, il fallait faire un effort.

Cela ne s’est pas fait sans peine, les remarques pleuvaient ; elles m’ont aidé à prendre conscience que si je n’allais pas plus vite, je causais un surcroît de travail à mes collègues.

C’est bien d’en prendre conscience, mais quelles solutions ?
J’avais beau chercher, allonger le pas entre deux chambres, il n’y avait rien à faire au point où le climat de travail était devenu pénible tant pour moi que pour mes collègues.
Dans ces conditions, vais-je devoir renoncer à un métier qui pourtant m’attirait ?

C’est alors que j’ai eu la chance de croiser le chemin de Dorothée.
Dorothée était une personne expérimentée, elle avait compris aussi que les remarques négatives ne me faisaient pas progresser.
Elle m’a accompagné ; en toute simplicité, elle a mis ses pas dans les miens, me prodiguant le bon conseil au bon moment, avec une infinie patience et sans jugement.
Petit à petit j’ai gagné en assurance, en organisation et en rentabilité.

Je pense que si nos routes ne s’étaient pas croisées, j’aurais abandonné un métier où je m’épanouis aujourd’hui.
Je souhaite voir fleurir des Dorothée partout où il y a un débutant qui rame ; que ce soit dans la vie professionnelle ou la vie associative.
Il est tant de personnes qui ont toutes les potentialités en elles et à qui il manque… juste une Dorothée pour pouvoir s’ouvrir et aller plus loin.
Parfois cela peut changer l’orientation d’une vie.
Merci Dorothée.

Antoine

Arthur

J’ai un TDA/H avec déficit de l’attention nettement prédominant. D’aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours été un élève
« effacé », j’évitais les contacts avec les autres ; à la récréation, je me « planquais » dans la classe alors que les autres jouaient dehors.

J’étais quelqu’un de très sensible et sujet aux moqueries qui me faisaient mal… Pour un oui, ou pour un non, je me sentais ridiculisé. Je me souviens d’un beau pull-over que je n’ai plus voulu porter parce que mes copains avaient ri en disant « il a mis son beau pull-over pour aller voir sa fiancée !»

Quand je suis arrivé dans le secondaire, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps pendant environ 6 mois. J’avais perdu tous mes repères, de la petite école de village où tout le monde se connaissait, je suis arrivé dans un collège de 2000 élèves !
Toujours aussi sensible, je détestais les récréations, c’était un endroit où les autres me taquinaient trop… et je n’aimais pas ça. Tous les jeux ou sports d’équipes, c’était un calvaire, je n’étais choisi dans une équipe « que parce qu’il fallait bien » et quand Arthur était dans une équipe, c’était souvent celui qui faisait perdre parce que pas assez rapide, pas assez fonceur, pas compris les règles…

Les personnes qui m’ont permis de garder la tête hors de l’eau ont été des enseignants qui m’ont soutenu, notamment mon professeur de français en troisième technique qui m’a montré un soutien inconditionnel envers et contre tous (j’étais un élève à la traîne, il a souligné mes points forts… ce n’est pas pour rien que je me suis développé en français).

Je ne suis jamais sorti de chez moi avec d’autres jeunes de mon âge avant l’âge de 17 ans, pas de mouvement de jeunesse, pas de club sportif… Je préférais aller chez des voisins, pour des activités « en solo » tantôt tondre une pelouse, tantôt faire d’autres menus travaux. J’avais aussi un voisin plus jeune que moi de 4 ans, avec qui je m’entendais bien, et malgré la différence d’âge, dans notre relation, c’était lui le leader.

A l’âge de 17 ans, un prêtre qui avait une grande influence sur moi et sur mes parents m’a demandé si j’acceptais d’être moniteur en colonie de vacances… Je n’ai pas osé lui dire non… ni maman non plus (elle faisait aussi tout pour me garder auprès d’elle) C’est comme ça que j’ai démarré dans la vie.

De fil en aiguille, d’autres « anges gardiens », ou « tuteurs de résilience » ont croisé mon chemin. Je me suis occupé de mouvement de jeunesse, puis j’ai suivi les cours de secourisme, puis je me suis engagé bénévolement au service ambulance de l’entité où j’habite. Je suis « tombé » sur des personnes qui m’ont tendu la main, qui ont cru en moi, qui m’ont littéralement coaché. Devoir être efficace dans des circonstances parfois dramatiques m’a permis de prendre confiance en moi et surtout prendre distance par rapport à mes émotions. Ca ne s’est pas fait tout seul, la responsable du service m’a pris sous son aile comme une mère.

Quand je me suis lancé dans la vie professionnelle à l’âge de 19 ans, j’ai voulu être éducateur… avec un diplôme de tourneur – ajusteur – fraiseur. Je me suis royalement cassé la figure. Je faisais piètre figure face à mes collègues, j’étais pour eux « un gamin en plus à surveiller » plutôt qu’un collègue stable. Après 9 mois, j’étais mis dehors pour incompétence, j’ai alors fait divers petits métiers, puis j'ai travaillé 10 ans dans une grande société de transport.

Parallèlement à ma profession, je continuais le service ambulance, cela me plaisait beaucoup. A la faveur d’une pause carrière, à l’âge de 33 ans, j’ai repris mes études d’infirmier. Là, parmi les élèves de 18 ans, j’étais plutôt la « grande gueule », ce qui m’a valu d’être élu délégué de classe en deuxième année.

Sur le marché de l’emploi d’infirmier, j’ai aussi fait plusieurs endroits. Une première maison de repos que j’ai quitté après deux mois, en claquant la porte tant la direction exploitait le personnel et les pensionnaires n’étaient pas respectés. Une deuxième maison de repos où je suis resté deux ans avec de grosses tensions avec mes collègues et aussi la direction… ben oui, je suis lent et sur le temps qu’une aide-soignante faisait 3 toilettes, moi, infirmier, je n’en faisais que 2… Là aussi j’ai eu la chance de croiser une responsable de nursing qui m’a coaché comme un jeune élève de première année.

Ensuite, j’ai travaillé dans un centre pédiatrique, c’était un remplacement et enfin dans un centre psychiatrique où là aussi, je me suis effondré après trois mois seulement tant le travail y était lourd au niveau émotionnel.

J’ai entrepris une thérapie de 4 ans visant entre autres à restaurer une estime de moi-même déficiente et à mieux m’affirmer.

Je suis actuellement depuis maintenant 18 ans infirmier dans une autre clinique psychiatrique où, comme le dit le slogan de l'asbl TDA/H Belgique, ma différence est devenue une force.
- Je travaille la nuit, je m’entends bien avec mes collègues mais ceux-ci sont dans d’autres unités
- Je suis lent, je mets deux à trois fois plus de temps que mes collègues pour préparer les traitements, ça ne fait rien, j’ai 11 heures de travail pour m’organiser
- Quand je donne un soin à un patient, puisque je suis lent, je prends plus de temps avec lui, ce qui, en psychiatrie est assez apprécié
- Comme je suis seul pour gérer les situations délicates, je peux prendre des libertés d’action qui ne me seraient pas possible en équipe, guidé simplement par la bienveillance et le bon sens.

Parallèlement à mon métier, je me suis développé aussi dans divers bénévolats où je suis apprécié pour mon engagement.

Mon TDA/H a été diagnostiqué seulement quand j’avais 47 ans, rien que le diagnostic a fait s’envoler de mes épaules un poids que je ne supportais plus. Je suis maintenant un adulte épanoui, avec ses forces et aussi avec ses limites ; une des réminiscences de mes phobies sociales, c’est que je ne me sens pas à l’aise dans les festivités, les repas de groupe, etc… à moins d’y avoir un rôle.

Je voudrais dire aux enfants atteints de TDA/H, de garder espoir et surtout de saisir la main qu’on leur tend, pas la main de ceux qui s’arrêtent aux conseils et qui jugent, mais la main de ceux qui sont remplis de bienveillance, celle-là, oui, il faut la saisir. Leur sensibilité les aidera à discerner ceux qui leur veulent du bien. La Vie se chargera de mettre sur leur route ces « anges gardiens » ou « tuteurs de résilience » selon le terme que vous acceptez ; en d’autres mots, des personnes qui les accompagnent et qui croient en eux lorsque eux n'y arrivent plus.

En tant que parent, accompagnez simplement votre enfant, à son rythme, avec vos doutes et surtout vos espoirs. Un pas, suivi d’un autre pas, votre enfant développera toutes ses potentialités pour devenir un adulte épanoui.

Annie

J'ai 18 ans, je m'appelle Annie, et j'ai terminé mes humanités secondaires. J’ai un TDA/H.
J'ai fait mes 6 années de secondaire dans une école réputée pour être exigeante et très dure.
Je voudrais témoigner comme quoi un enfant atteint de TDA/H est capable de réussir malgré ses troubles de l'attention.

Je suis sous médication depuis ma deuxième (ou troisième) primaire. J'ai arrêté la médication en 4ème secondaire sentant que cela ne "faisait plus d'effet". Et c'est une erreur, parce que j'étais à deux doigts de doubler. Ma 5ème et ma rhétorique ont été, certes , deux années très dures, de réussite sans échec en juin avec de très bons résultats (j'ai obtenu mon CESS avec mention).

Comment est-ce que j'ai réussi ?
Grâce à mes parents, aux neuropsychiatres qui me suivaient, et aussi au traitement. Mes parents ont été super parce qu'ils ont cru en moi, ils savaient que j'étais capable de réussir dans une des écoles les plus dures de Belgique...
Les neuropsychiatres étaient un véritable soutien et grâce à eux, je ne me suis jamais ressentie handicapée ou stigmatisée.
J'ai beaucoup de chance de supporter la médication. Mais bien sûr travailler régulièrement et consciencieusement est la clé de la réussite.
Mes profs n'ont jamais eu de problèmes avec moi, j'étais et je le dis sans orgueil, le plus souvent un e "élève modèle".
Ce que je voudrais dire aux parents c'est qu'ils ne doivent jamais perdre courage et qu'ils doivent soutenir leur enfant et croire en lui. Leur enfant est capable de réussir et il évolue. (J'ai beaucoup évolué, et bien évolué. ) En grandissant, il va prendre de la maturité, être de plus en plus conscient de ce "trouble" et il va savoir où il est faible.

Vous les parents, vous devez aussi permettre à votre enfant de faire développer en lui son côté artistique. Je me souviens j'étais très, très, très timide. Et je faisais de la musique mais il me fallait une deuxième période, alors ma maman m'a dit : " fais de la déclamation !". Et cette sorte de "théâtre en monologue" m 'a complètement changée, ma faiblesse était devenue une force. J'ai transformé mon côté hyper introverti en hyper extraverti.

Dans certaines écoles, les enfants atteints de TDA/H ont la chance de bénéficier de temps supplémentaires pour les examens ou interros. Dans mon école il n'y avait pas cela mais c'était l'occasion d'engager un dialogue constructif et positif à ce sujet avec le responsable de l'établissement.

Ce message est pour vous donner un souffle d'espoir vis-à-vis de ce problème.
Je commence mes études en droit en septembre.

Enfin les réponses à mes questions

cliquez ici

Un jour j'ai appris que je souffrais de TDA/H

cliquez ici




Copyright © TDA/H Belgique asbl - www.tdah.be - All Rights Reserved.